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 Les Mystères de Manadh

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Maaya la Lune Noire
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MessageSujet: Les Mystères de Manadh   Sam 30 Juil à 0:27

Commentaires ici

Sommaire


I. Nuit étrange
II. Le commencement
III. triste ou heureuse ?
IV. le passé
V. l’attaque
VI. explications
VII. La punition
VIII. L’exorciste
IX. Hauts-Vampire
X. Mission
XI. Froideur
XII. Jarian
XIII. Les Anciens
XIV. Le Rêve
XV. Entremêlement

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Maaya la Lune Noire
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MessageSujet: Re: Les Mystères de Manadh   Sam 30 Juil à 0:31

† Les Mysteres De Manadh †
    † I. Nuit Etrange †


D’après les dires de tous les gens du coin, l’île de Manadh avait toujours été la plus mystérieuses, et pourtant, ce n’est pas ces bouts de terres entourées d’eau qui manquaient dans cet archipel ! Elle était crainte par tous, et même en bateau, personne ne s’y approchait à moins de 5 miles. De plus, elle paraissait dénuée de vie, pourtant, les rares personnes qui y étaient allées n’en étaient jamais revenues…

Moi, Naersan, avais à treize ans lorsque cette histoire commença, et je vivais sur le continent, baignée par les rumeurs terrifiante sur Manadh. Mes parents étaient tout deux morts, deux années auparavant, on ne sait pas trop comment d’ailleurs… Ils avaient l’air en forme, lorsque je les avais aperçus à la morgue, cachée derrière ma sœur qui pleurait toutes les larmes de son corps… C’est ma sœur, Sarah, qui s’occupa de moi avec l’aide de notre tante. Sarah était une jeune fille très gentille et attentionnée, mais très marquée par le départ de ses parents. Elle était blonde, aux yeux gris, et j’aimais regarder son beau visage. Mais depuis qu’elle était entrée au lycée, un an plus tôt, elle m’avait un peu délaissée. Par contre, son habitude de se promener la nuit n’avait pas changée et c’était le seul moment où je pouvais être avec elle, et parfois, je retrouvais ma Sarah d’avant.
C’est ce soir là, que tout commença. Le port était calme, il n’y avait pas âme qui vive, pas même un malheureux petit bateau. Sarah était assise sur la barrière, regardant l’eau, et moi j’étais accoudée au morceau de bois. En face, il y avait l’île de Manadh, qui me faisait froid dans le dos. Il y avait un peu de lumière là bas, mais je n’osais pas trop y croire. Penser que l’île était inhabitée me donnait une chance de croire qu les personnes disparues étaient morte de faim : c’était une conclusion qui m’allait très bien et que je comprenait. Sarah savait bien que l’île m’inquiétait un peu, mais elle ne tenta pas de me rassurer. Elle ne fit que parler une fois de plus de mon prénom, qu’elle trouvait très spécial, trop spécial, même :
« Tu sais, Naer, d’où vient ton prénom ? »
Je fis « non » de la tête. Pourquoi encore me parler de ça ? Je savais qu’elle n’aimait pas comment je m’appelais, mais d’habitude, elle ne le montrait pas. Pourquoi devenait-elle méchante avec moi ?
« Si je me rappelle bien, son origine viendrait de langue nordiques, mais je n’ai jamais réussis à cerner sa signification.
-Maman et papa ne m’on jamais rien dit. Ils disaient que je ne comprendrais pas.
-J’aurais pu comprendre moi ! Mais ils ne m’ont pas dit non plus pourquoi toi, tu avais le droit à un beau prénom et moi à un nom aussi banal et moche que « Sarah » !
-Mais j’aime bien moi !
-Si tu savais comment je m’en fous de ton avis, Naer ! »
Elle voulait me dire autre chose mais elle fut interrompue par une barque qui arrivait. Dedans, il y avait un jeune homme, debout, les bras croisé. A cause de la pénombre, je ne voyais pas son visage. Moi, il ne me rassurait pas, Sarah, elle, le trouvais mignon. Elle courut jusqu’au ponton et attendit là qu’il arrive. Pressentant quelque chose de mauvais, je la rattrapais mais je ne pus rien faire. La barque arriva devant nous, mais le jeune homme ne bougea pas. Sa froideur ne me disait rien qui vaille, alors je pris mon courage à deux mains, attrapa le pantalon de ma sœur et tira légèrement :
« Allez Sarah, viens, rentrons je commence à avoir froid !
- Mais t’as pas encore compris Naer ? Je me fous complètement de toi ! Tu m’énerves ! Tu pourrais crever, ça me ferait rien ! »
- Nan, Sarah, murmurais-je en commençant à pleurer, dis pas ça ! Je sais que tu ne le penses pas !
- Oh la ferme !!! »
Sur ces mots, elle m’attrapa par le cou et le serra si fort que je n’arrivais plus à respirer. Le jeune homme décroisa les bras mais mes yeux se brouillèrent et je ne pus voir autre chose. Ma sœur me jeta dans l’eau, parfaitement consciente que je ne savais pas nager. Je me débattis pour garder la tête hors de l’eau et en même temps, je lui criai :
« Sarah ! Sarah aide moi ! Pourquoi t’as fait ça ? Je sais pas nager !
-J’ai fais ça parce qu’une fois que tu seras morte, je serais tranquille ! J’aurais plus… »
Elle ne put terminer sa phrase car le jeune homme avait sauté sur le ponton, pris la tête de ma sœur entre ses mains et il la fit tourner si violement que je pus entendre un craquement sinistre. Sarah tomba comme un bout de chiffon sur le ponton, et moi, je cessai de me débattre, préférant me fondre dans le paysage, mourir plutôt que d’attirer l’attention de cet homme…
Je coulai, coulai, coulai, encore plus profond dans l’eau. Je n’arrivai pas à respirer, j’allai mourir… Mais soudain, je sentis quelqu’un me prendre et me serrer dans ses bras. Même les yeux fermer, je pus remarquer à quel point ses moindre mouvement étaient beau, doux et passionnés. Il remonta rapidement à la surface, mais j’avais perdu connaissance avant de pouvoir respirer, avant de voir celui qui m’avait repêché…

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Dernière édition par le Sam 30 Juil à 0:40, édité 1 fois
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Maaya la Lune Noire
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MessageSujet: Re: Les Mystères de Manadh   Sam 30 Juil à 0:36

    † II. Le commencement †

Je sentis quelques claques sur mon visage qui me réveillèrent. C’était le jeune homme de la barque qui m’avait sauvé et il me tenait encore dans ses bras. Bien que son expression n’était pas méchante, je tremblais de peur. Je jetai un regard derrière lui et aperçus ma sœur. Mon Dieu, elle était morte ! Je me souvins alors… Il l’avait tué ! C’en était trop pour moi, je me mis à pleurer. Le jeune homme essuya mes larmes et murmura :
« Tu n’as pas à pleurer la mort d’une personne qui était si méchante avec toi…
-Mais… c’est ma sœur !
-Tu comprendras plus tard, ce que j’ai voulu dire… En attendant ce jour lointain… Veux-tu venir avec moi ?
-Avec vous ? Pour faire quoi ? Et puis, ma tante va s’inquiéter !
-Non, ta tante dort maintenant… »
Il me porta jusque dans la barque, sans attendre ma réponse qui était tellement évidente. Je ne comprenais rien à ce qu’il me disait, et je voulais rentrer chez moi ! Il m’allongea dans la barque, passa sa main sur mes yeux et, bien que je n’avais pas sommeil, je m’endormis aussitôt. Le jeune homme me réveilla une fois qu’on eut atteint une autre petit port. Il me porta délicatement sur le ponton, éclairé par une lanterne et il me rejoignit tout de suite après avoir attaché la barque et je vis enfin son apparence. Il était plutôt grand, les cheveux mi-long, coiffés en une demi-queue, attaché avec une petite pince noire. Son visage était plutôt beau, les yeux gris rouges, le teint pâle et les joues creuses, il avait l’air d’avoir environ vingt ou vingt-cinq ans. Il portait une chemise en soie tombant à la mi-cuisse et de couleurs grise, par-dessus un pantalon noir, simple. Son manteau était long, noir et très élégant. Inquiète, je demandai :
« Où sommes nous ?
-Sur l’île de Manadh.
-Quoi ?! »
Qu’est-ce que je faisais sur Manadh, accompagnée d’un homme que je ne connaissais pas et qui avait tué ma sœur ? Dans un geste complètement fou et désespéré, je me mis à courir vers la mer, mais l’homme me rattrapa par la taille et me dit d’une voix calme et posée :
« Ne fais pas ça, tu risquerais de te noyer. Que veux-tu faire, sur les terres des mortels ?
-Mortels ? Nous sommes tous mortels ! Aussi bien vous que moi ! Et je veux juste retrouver ma tante !
-Je te l’ai déjà dit Naersan : ta tante dort comme ta sœur… Et non, je ne suis pas mortel. Je suis mort mais vis en me nourrissant de sang. Je suis le vampire Leino.
-Un… un vampire ?
-L’île de Manadh est peuplée uniquement de vampires et nous nous rendons souvent sur le continent pour pouvoir nous nourrir. Ou bien nous attendons qu’un pauvre fou s’aventure sur nos terres… mais c’est devenu rare… termina-t-il avec une pointe de regret dans la voix.
-Suis-je là pour vous servir de repas ?
-Non. En vous voyant, j’ai d’abords pensé à manger, mais en voyant le comportement de ta chère sœur envers toi, j’ai préféré la tuer et t’offrir ainsi une vie meilleure. Un de mes frères ira chercher son corps, et elle sera notre dîner.
-Alors… Vais-je finir comme vous ? Un assassin buvant du sang ?
-Non plus, car si je le fait, tu garderais à jamais ton apparence actuelle, et ce n’est pas amusant pour toi. Je préfère attendre et, le jour venu, tu choisira si oui ou non, tu souhaites vivre éternellement.
-Que vais-je faire en attendant ?
-Je m’occuperais de toi et tu vivras tranquillement. Enfin je l’espère. J’irais voir notre Seigneur, car un humain vivant dans une île vampirique, cela risque de poser quelques problèmes… »
Il me tendit la main, alors que je tournais dans ma tête tout ce qu’il venait de me dire. Finalement, je finis par faire le vide dans ma tête et pris sa main. Il me guida jusque dans une citée. La technologie n’était pas très avancée. L’électricité n’existait pas : on s’éclairait à la bougie. Les voitures n’étaient pas à moteur mais tirées par des chevaux. Télévision, ordinateur, radio, rien de tout cela n’existait sur Manadh. Leino me laissa dans un manoir à l’ambiance peut rassurante. Je m’asseyais sur un fauteuil de velours rouge dans un salon aux murs tapissés de vert foncé, décorés avec des portraient ou des paysages avec des chevaux noirs peint à la main, le parquet fait avec du bois foncé et recouvert d’un tapis sinistre. Il y avait des armoires, des étagères sur lesquels étaient posé épées, flacons remplis de sang et d’autres objets à faire froid dans le dos en argent massif. Le vampire me demanda de l’attendre ici, il n’en avait pas pour long.

Des servantes travaillaient dans le manoir et l’une d’elles m’apporta une coupe de sang, pensant vraisemblablement que j’étais une suceuse de sang comme tout le monde ici. Je ne pus refuser, mais ne toucha pas au verre qu’elle posa sur la table qui se trouvait juste en face de moi. Après une heure, crispée aux accoudoirs du fauteuil, affamée et fatiguée, la même servante revint et m’informa que Leino allait être plus long que prévu, et j’étais priée de l’attendre bien sagement dans ce salon. La servante partis et je commençais à avoir terriblement faim. Je ne réfléchissais même plus et, inconsciemment, je pris la coupe de sang posée sur la table et en bus une gorgée, attendis quelques minutes et vida le contenu du verre d’un seul coup. Puis, horrifiée, je pris conscience que j’avais appréciée un verre de sang ! Je lâchai la coupe qui alla se briser en mille morceaux sur le sol. Je me mis à pleurer. A treize ans, comment pouvais-je supporter l’idée de vivre avec des vampires et de boire du sang ?

Leino était fatigué de l’entretien avec son roi qui ne s’était pas déroulé comme il l’avait prévu. Il entra en soupirant dans le salon et me vit pleurer, un verre cassé à côté. Il se précipita vers moi et me pris dans ses bras.
« Naersan, qui a-t-il ? Que sont ces bouts de verres ?
- Un… un verre qu’une servante m’a apporté… un verre de sang !
-Et, tu l’as bu ?
--Oui. Et j’ai aimé ! »
A ces mots je me mis à pleurer encore plus. Leino me serra encore plus fort dans ses bras pour me consoler, et moi-même passai les miens autour de son cou. Un vampire n’était pas si méchant…
« Tu as de la chance, tu vas pouvoir dormir dans un lit et non dans un cercueil… J’estime qu’il est préférable pour toi que tu t’habitues petit à petit à ton nouveau monde. Et si tu aimes le sang, ne t’en inquiètes pas. Ici, cela ne posera aucun problème…
Je hochai la tête pour acquiescer, puis demanda :
-Votre entretien avec votre Seigneur c’est bien passé ?
-Je te parlerais de ça demain. En attendant, tu ses fatiguées, alors va te reposer. »
Il me fit monter jusqu’au dernier étage du manoir, qui m’était entièrement destiné. Il contenait quatre pièces : une grande et large salle de bain aux tons noirs et blancs, un salon de taille respectable meublé de la même manière que le salon du rez-de-chaussée où je me trouvais quelque instants auparavant, une grande bibliothèque et enfin, une chambre dont les murs était fait de bois vernis, où il n’y avait aucun tableau mais seulement une étagère encore vide, une armoire t un grand lit à baldaquin de velours bleu. Mais malheureusement, rien ne me rassurait : j’avais peur. Leino me rappela que je n’avais rien à craindre et il me donna une chemise de nuit datant à peut près du XVIIIe siècle. Il me laissa me changer pendant qu’il allait prévenir les servantes que j’étais humaine. Lorsqu’il revint, ce n’était que pour me souhaiter une bonne nuit, mais je le retins par la manche de sa chemise pour l’empêcher de partir. Je ne voulais pas rester seule alors il s’assit sur le lit et me dit qu’il resterait avec moi. Il était du genre à tenir parole et il s’allongea donc avec moi jusqu’à ce que je m’endorme et ce ne fut qu’à ce moment là qu’il s’en alla discrètement.

Le lendemain matin, je savais bien que rien n’était illusion, pour la simple et bonne raison que ce n’était pas la douce odeur de ma tante qui me réveilla, mais le froid, car je n’était pas couverte par la couverture. Quelqu’un avait laissé dans l’armoire une robe noire semblant elle aussi appartenir à la mode du XVIIIe siècle. Je la mit et me regarda longuement dans le miroir fixé à la porte de l’armoire. Je semblais être déguisée pour le carnaval… Mais je la gardais quand même, pensant faire ainsi plaisir à Leino. Une servante frappa à la porte et entra. Aussitôt elle se mit à me parler :
« Bonjours Naersan ! Je suis Helena, humaine au service de Leino le vampire. Le maître m’a chargé de m’occuper de toi le jour, lorsqu’il dort. Tu es magnifique dans cette robe ! Allez viens, je t’ai servis un petit déjeuné digne des humains tels que nous. »
L petit déjeuné était copieux et délicieux, servit dans mon salon. Helena s’occupait très bien de moi et elle veillait à ce que je ne m’ennuie jamais. Ainsi, rien qu’en une journée, elle m’apprit à coudre, à jouer du piano et du violon et à monter à cheval. Il ne se passait pas un moment sans que je ne sache pas quoi faire ! Et puis Helena était une jeune femme adorable. Elle semblait être très fière de son statue d’humaine, même si elle n portait pas de grande hostilité envers les vampires. Dès que la nuit tomba, Leino vint me voir et m’emmena dans la bibliothèque du rez-de-chaussée.
« Je dois te parler de mon entretien avec notre Seigneur. Comme tu as du le remarquer, tu es acceptée chez nous, mais à une condition que je n’ai pas pu lever. »
Il se leva, alla chercher un verre de jus de pêche pour moi, un de sang pour lui, retourna s’asseoir et reprit :
« Notre communauté est divisée en plusieurs groupes composé de vampires plus ou moins puissants. Toutes les deux semaines, ils doivent ramener plusieurs humains qui vont nous nourrir, mais cela doit se faire discrètement. Ton travaille, en échange de ton intégration, sera d’aller espionner et récolter le plus d’information possible sur un ou plusieurs mortels dont on t’auras fourni déjà ce que nous savions. Cela ne se fera donc qu’une fois toutes les deux semaines, pendant deux ou trois jours où tu n’auras pas le droit de dormir ou manger. Voilà le prix difficile pour que tu puisses vivre heureuse à Manadh. Acceptes-tu, ou repars-tu sur le continent ? »
Sans réfléchir, j’acceptai l’offre, ce qui le fit sourire.

Ceci… n’était que le commencement…

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Maaya la Lune Noire
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MessageSujet: Re: Les Mystères de Manadh   Dim 31 Juil à 22:14

    † III. triste ou heureuse ? †

Le travaille commençait un mois après mon arrivée sur l’île. Il était primordial que je sache me battre un minimum, et que je me familiarise un peu avec les habitants. Il serait dommage qu’un vampire affamé se jette sur leur nouvel espion, comme disait Leino.
Je dormais peu. La nuit, Leino m’enseignait l’art du combat à l’épée, et souvent les sciences tels que les mathématiques, la physique etc. La journée, Helena continuait ses cours de musique et on passait aussi des heures à confectionner des vêtement que j’imaginais et dessinais moi-même. Je ne pouvais dormir que l’après-midi, pendant environ cinq à six heures. De cette manière, mon corps finit par s’habituer par ce nouveau mode de vie qui me plaisait. J’avais fini par oublier ma sœur et ma tante, et mon esprit était vite devenu noir. Si j’avais été une vampire, on aurait pu dire de moi que j’étais peut-être l’une des plus ténébreuses. Instinctivement, je m’abritais du soleil, je m’habillais et me maquillais toujours de noir, mais la décoration de ma chambre représentait une lumière douce, que mon esprit d’humaine s’acharnait à garder.
La première fois que je dus espionner un humain, ce fut Leino qui me donna les renseignements. Edouard, 25e rue de la ville d’Enadha. Voilà les maigres renseignements qu’il me donna. Je ne m’éternisai pas à poser des question : je pris mon épée, allai chercher une barque et me débrouillais par mes propres moyens pour atteindre la petite ville. Le pauvre homme ne fut pas difficile à trouver. Edouard avait dans la trentaine, blond, les yeux marron, sans véritables joies. Sa vie était d’une simplicité déconcertante, mais que je n’enviai aucunement. Il se levait dans les alentours de sept heures, allait travailler dans une petite menuiserie où il restait jusqu’à 18 heures, puis rentrait simplement chez lui, rejoindre sa femme et son jeune fils. Il ne sortait presque jamais. Quand il était chez lui, il aidait sa femme à cuisiner, s’occupait de son fils, et lisait beaucoup. Il finissait par se coucher dans les alentours de vingt-deux heures, pour continuer ainsi toute la semaine. Les écoutants parler, je pus comprendre qu’ils avaient préparé une petite sortie à la plage, le dimanche suivant, et je compris aussi que ce père de famille passait ses samedi entiers à lire ou bricoler. C’est avec ce compte-rendu simpliste que je rentrais à Manadh, et les vampires décidèrent d’agir le lundi matin, lorsque le pauvre se rendrait à son travaille.
Les travaux étaient tous de cet ordre là, et c’est donc ainsi que je grandis. J’avais la chance d’avoir un beau visage, mais c’était une beauté triste. Je semblais toujours triste. Seul Leino arrivais à me faire sourire et parfois rire. Mais lui s’inquiétais de ce manque de joie. Qui aurait pu songer que j’avais été une jeune humaine pleine de vie, toujours souriante ? Seul mes dents trahissaient mon humanité. J’aimais les vampires, l’obscurité, le sang. J’étais vite devenue passionnée par les armes blanches, principalement les épées, et les voire recouvertes de sang me faisait sourire, parfois rire. Mais quand Leino me demandait si un jour je souhaiterais le rejoindre vraiment dans les ténèbres, j’hésitais.
Je ne dormais quasiment plus. Pendant les heures où je me retrouvais seule, je dessinais beaucoup. C’était souvent des licornes noires sous un ciel étoilé éclairé par une pleine lune. J’aimais aussi créer mes propres vêtements. Mais tout changea un matin, ce malheureux matin…
Tel que c’était partit, j’aurais pu considérer Leino comme mon père et Helena ma mère. Mais ça n’avait pas été le cas, sauf pour Helena. Mais comme toute mortelle, elle était sujette aux problèmes de santé et elle avait malheureusement développée une maladie incurable, que je ne connaissais pas. Pendant quatre ans, elle m’avait aidée pour mon travail, et grâce à elle j’étais devenue une musicienne et une dessinatrice hors paire. Elle était sans doute la seule personne qui pouvait m’empêcher de basculer dans les ténèbres. Sa mort m’attrista énormément. Je crois que si Leino n’avait pas été là, je l’aurais rejoint sur le champ. Mais Leino avait été là, et encore une fois, il me sauva. J’étais à présent seule, pendant les journées, et je ne pus m’empêcher de me trancher les veines. J’avais perdu ma deuxième mère… Mais Leino me trouva un peu avant que je ne meure. Il s’était effondré en pleures devant moi, disant qu’il était déjà suffisamment peiné d’avoir perdu celle qu’il considérait comme sa meilleure amie, si en plus il perdait celle qu’il aimait le plus au monde, que deviendrait-il ? Je fus touchée par ses larmes, et c’est à ce moment que je me résignais. Je me souviens parfaitement de ce que je lui ai dit :
« Puis-je te rejoindre dans les ténèbres, Leino ? »
Une phrase banale, à première vue, mais qui pour moi signifiait énormément de choses. Même si j’étais quelqu’un de sombre, je tenais tout de même à mon humanité. Mais je ne voulais pas laisser Leino ainsi, seul. Il fut d’abords surpris, mais finit tout de même par m’engendrer. Il s’en était fallu de peu. Il m’aurait certainement perdu, si seulement il était venu une minute plus tard… J’étais maintenant condamnée à vivre éternellement, avec un physique d’une jeune femme de dix-sept ans. En y réfléchissant, cela m’allait. Je me savais mignonne, pourquoi donc attendre le destin d’une mortelle, si je pouvais jouir à jamais d’une mort parfaite ? Je ne fus donc pas déçu par mon choix, et cela ne fut que plus facile pour mon travail d’espion.
J’ignorais pourquoi, mais le soleil ne me faisait rien, et du fait que je sois maintenant une vampire, mes cinq sens étaient beaucoup plus développés. Facile, donc, d’espionner discrètement quelqu’un dans ces conditions ! Mon travail avait toujours apporté satisfaction, car j’avais toujours été d’une grande précision dans mes rapports. De plus, j’étais à présents récompensée de mes efforts. Notre Seigneur, ravie de mon travail, m’autorisait à chaque fois de boire le sang contenu dans le cœur, morceau naturellement prisé par tout vampire qui se respecte. Mais une fois sur deux, je refusais, ne souhaitant pas créer de jaloux. Après tout, j’étais « nouvelle » ici, autant éviter de se faire des ennemis, même si avec Leino à côté, je ne risquais absolument rien…

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MessageSujet: Re: Les Mystères de Manadh   Dim 31 Juil à 22:15

    † IV. le passé †

Eté 1430. Sur le bord d’une rivière, un garçon était en train de rêvasser. Il était pauvre, misérable. Perché sur son épaule, un aigle royal guettait quelque chose aux alentours, sûrement une proie. Il dû d’ailleurs en repérer une car il s’envola, lacérant sans le vouloir l’épaule du pauvre garçon. Celui ne bougea pas, malgré le sang qui coulait. Pierre n’avait plus de parents depuis l’âge de 4 ans, il en avait à présent 10. Il avait toujours vécu en solitaire, dans la forêt, accompagné uniquement de ses aigles avec qui il se liait facilement d’amitié et qui se chargeait de lui apporter de la nourriture. Mais, malgré son jeune âge, il était un très bon chasseur et savait se camoufler très facilement dans la nature. Pourtant, il aurait pu vivre heureux, car le Duc d’Enadha l’aimait énormément et il aurait bien aimé l’élever, lorsque Pierre s’était retrouvé orphelin. Mais le garçon, de son caractère bien trempé pour son âge, s’était enfui dans la forêt. Il était impossible de savoir ce qu’il pensait. Ses yeux étaient dénués d’expression, il ne souriait jamais. Il savait très bien se débrouiller seul, et ça, personne le lui avait apprit, c’était quelque chose d’inné en lui. Que prévoyait-il pour son avenir ? Certes, il y avait longuement songé et la réponse venait d’elle-même : survivre. Il n’avait aucune envie de revenir dans son royaume, vivre un avenir normal. Non, car il détestait les humains. Seul les animaux et la nature lui apportait une quelconque joie. D’ailleurs, pourquoi détestait-il les humains ? Lui, le savait très bien, c’était pour deux choses : la première était son don. Il avait don de voyance, malheureusement pour lui. Ayant peur de son pouvoir, nombreux son ceux qui souhaitais le brûler. Seul le duc tenait à le garder en vie, il voulait connaître son avenir… La deuxième raison était à cause d’une vision qu’il avait reçu une nuit, sur le futur de la planète, complètement détruire par la bêtise humaine, toutes ces guerres inutiles au nom d’une religion stupide. Ces raisons avait éveillé une haine profonde en lui, qui aimait tant sa Terre. Et ces guerres de religion, il ne trouvait rien de plus stupide. Dieu existait pour que les humains vivent en paix et aillent au Paradis, Il ne voudrait certainement pas que ses mortels se battent, alors à Son nom… C’était une absurdité monstre, si on utilisait Dieu pour faire une guerre ! Mais Pierre, lui, ne croyait pas vraiment en ce Dieu. Il disait que si vraiment Dieu existait, il aurait du l’aider lorsque sa vie était en danger, lorsqu’on avait voulu le brûler. Mais pourtant, il était très superstitieux. Oui, il croyait à quelque chose après la mort.
« Les religions sont faites pour que nous n’ayons pas peur de la mort, car l’idée du vide nous terrifie tous : nous avons peur de ce que nous ne connaissons pas. Ainsi, toutes les religions visent el même objectif : nous rassurer de la mort. Pour ma part, je ne suis pas chrétien car je n’aime pas l’idée du Paradis. Lorsque l’on ne manque jamais de rien, ne finit-on pas par s’en lasser ? Nous ne sommes jamais content de ce que l’on a, alors le principe de Paradis et de l’Enfer n’est qu’absurdité. Pour ne pas avoir peur, je me suis moi-même imaginé l’au-delà, selon ce que j’aimais, fidèle aux principes de toutes religions. Mon idée m’a tellement plue que j’ai failli me tuer pour rejoindre ce lieu que j’avais imaginer. Ils voudront christianiser les non croyants, ils vont persécuter les protestants etc. Pourquoi ? Ne peuvent-ils pas nous laisser tranquille ? Nous croyons ce que nous voulons, que ce soit différent ou non des croyances des autres, nous ‘n’avons pas à être puni pour ça ! »
Voilà ce qu’il répétait souvent à ses oiseaux. Son don l’avait changé, le rendant incompréhensible pour les gens de son époque. Alors il s’était replié en solitaire, avec ses animaux, et avait vécu ainsi pendant longtemps, jusqu’au jour de ses vingt-cinq ans. Quel intérêt avait-il trouvé à la vie pour vivre seul toutes ces années ? Aucun. Il vivait simplement parce que la vue d’un ciel bleu ou de l’herbe le rendait heureux et il n’avait pas vraiment envie de les quitter.
C’est à l’âge de vingt-cinq ans qu’il revit un humain. Ces êtres qu’il n’avait pas vus depuis vingt-et-un an ! Que faisait cet être dans sa forêt ? S’il voulait le savoir, il devait lui parler. Ravalant sa haine, il s’approcha de lui :
« Bonjour, humain ! »
L’homme éclata de rire, au grand étonnement de Pierre, mais il demanda quand même :
« Que viens-tu faire ici ? »
L’homme ne répondit rien, et Pierre s’énerva :
« Que viens-tu faire dans ma forêt ? »
Il cessa tout de suite de crier. Il ne se sentait plus très bien, il avait la tête qui lui tournait et il avait mal au cœur. L’humain sourit et parla d’une voix étonnement calme et posée :
« Oh… Il suffit que je sonde tes pensées pour que tu te sentes aussi mal ? Tu es bien faible…
- Qui… êtes-vous ?
- Je suis Leinoran le vampire.
- Le quoi ?
- Le vampire, tu sais, ces morts-vivants qui boivent le sang de leurs victimes pour survivre, ceux qui ont donné leurs âmes au Diable ! »
Pierre n’en avait jamais entendu parler, mais il ressentait une certaine amitié des oiseaux envers cet être, alors il se lia d’amitié avec lui. Son premier ami… Comme tout vampire qui se respecte, Leinoran engendra immédiatement son nouvel « ami » et il passa un siècle avec lui. Un siècle qui lui parut très court. Pierre était fasciné par son statut de mort-vivant et il adorait tuer ceux qui ne l’avait jamais aimé. Oh oui, il s’était bien vengé car dès que Leinoran lui eut appris tout ce qu’une vampire devait savoir, notamment sur comment se battre et comment manipuler ou sonder l’esprit d’un humain (et non d’un vampire car le cœur de ces mort sont insondables), il avait massacré à lui seul son ancien village. Oh oui, il était devenu un bel assassin ! Tellement avide de sang qu’il n’hésita pas à tuer Leinoran lorsqu’il fut un peu plus fort. Le vieux vampire avait pourtant tout fait pour lui, l’emmenant dans son île du nom de Manadh, et en lui offrant plein de moment de bonheur. Mais Pierre aimait tuer, et il ne regretta en rien son crime. Les vampires de Manadh, éblouies par la force toujours grandissante de Pierre ne lui en voulurent en aucun cas, ils lui donnèrent même le nom de sa victime. C’est ainsi qu’à Manadh, le jeune vampire Pierre fut appelé Leinoran, Leino pour les amis. Pendant des siècles et des siècles Leinoran continua à tuer. Mais il cessa, une nuit après avoir ramené une humaine chez lui. C’était une jeune fille de vingt ans, au caractère bien trempé. Pourquoi Leinoran s’était-il lié d’amitié avec elle ? Même lui ne le savait pas. Elle fut sa servante et sa confidente en même temps… Cette jeune femme s’appelait Helena.

Dix ans ont passé, l’histoire se répète. Pour la seconde fois de sa vie, Leino ramène une humaine chez lui. Mais cette fois, c’est différent. Il ne s’est pas lié d’amitié pour elle : il est tombé amoureux d’elle. Pas de l’adolescente qu’il ramena cette nuit-là, non. Il s’est éprit du futur de la jeune fille. Il cessa tout ses crimes, devint quelqu’un de très calme et gentil, mais quand il le pouvait, il sortait discrètement dans la nuit pour aller massacrer sans pitié un pauvre humain. L’adolescente grandit, devint ténébreuse, froide, puis Leino finit par l’engendrer, à la mort de Helena. Tout le monde l’aimait bien mais restait distant à cause de sa froideur. Depuis qu’elle connaît Leino, jamais elle ne s’est doutée du passé de celui-ci, jamais elle n’a su qu’elle vivait avec le plus cruel des assassins… Naersan avait encore beaucoup à apprendre…

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MessageSujet: Re: Les Mystères de Manadh   Dim 28 Aoû à 22:18

    † V. l’attaque †


Je venais de finir d’espionner Alain, 24 ans, habitant de Tharfân, je rentrais à Manadh. Voilà à présent deux mois que j’étais devenu une suceuse de sang. Depuis ce moment, je n’avais pas décroché un seul sourire, le son de mon rire s’était perdu, mes yeux n’avait pas croisé de lueur joyeuse depuis longtemps.
Cette dernière mission m’avait relativement épuisée. Chaque fois que je me trouvais près d’Alain, mes yeux se brouillaient et je n’arrivais plus à rien voir. Il fallait que je m’arrête et attende quelques minutes que cela se passe, et ensuite, il n’était guère aisé de retrouver cet Alain. Jamais je ne pus le suivre, jamais je ne pus écouter ses conversations. Il a donc fallu que j’entre directement en contact avec lui, me faisant passer pour une nouvelle étudiante de son école d’art. Cela marcha très bien, mais c’était quelque chose de risqué que je n’aimais pas faire car avec le monde qui nous avaient vu ensemble, je serais immédiatement soupçonné de son enlèvement, et le problème résidait dans le fait que Tharfân était une grande ville, et je risquais de m’y rendre encore beaucoup de fois… Au lieu de durer trois jours, cet espionnage m’en pris huit. Huit jours sans fermer l’œil, toujours à être vigilante aux moindres faits et gestes de ma victime, et ces nombreux passages où une force invisible m’enlevait toutes mes propres forces.
Je remis mon compte-rendu au chef militaire de Melrado, la citée de Manadh dans laquelle je vivais avec Leino, oubliant volontairement de nommer ce mystérieux contre temps. Pour eux, j’étais libre de faire durer l’espionnage aussi longtemps que je le désirais. J’étais épuisée, j’arrivais à peine à marcher. J’atteins difficilement la porte du manoir, et j’arrivais à peine à frapper à la porte, ne me sentant pas le courage de l’ouvrir et d’appeler Leino. Celui m’ouvrit presque aussitôt, la mine joyeuse, mais son sourire s’effaça immédiatement lorsque je m’évanouis dans ses bras. Ma perte de connaissance ne dura qu’une seconde, mais elle était bien étrange pour quelqu’un de naturellement solide comme moi. Leino m’installa sur un canapé dans le salon et m’apporta un verre de sang que je bus lentement. Je ressemblais à une mortelle croulant sous une maladie. Le vampire s’assit près de moi et me dit :
« Tu n’es pas coutumière de ces affaiblissements, que c’est-il passé à Tharfân ? »
Avec quelques difficultés, je lui expliquai tout en détail. Il ne parut pas surpris, mais un peu énervé.
Le sang m’avait fait du bien, je me levai et alla ranger mon épée. Quand je revins, j’allais tout à fait mieux. Je lui dis :
« Tu sais, après tout ce n’étais peut-être qu’un manque de nourriture… Je n’ai pas le droit de tuer pendant les missions… »
Je m’interrompu car il s’était levé et se dirigeai vers moi. Ses yeux étaient… noir, son visage froid, je ne l’avais jamais vu comme ça. Il passa à côté de moi, sans vraiment me regarder et se dirigea vers la salle d’arme, où seul son épée était rangée. Je l’appelai, je voulais juste savoir ce qu’il avait…Il alla chercher son épée, et revint vers moi :
« Je ne serais pas long et je reviens, je te le promet. »
Il se pencha vers moi et m’embrassa. Puis il partit, sans plus d’explication. Je me laissa tomber sur le canapé en soupirant.
*Mais qu’est-ce qui lui passe par la tête ? J’ai juste eu un petit affaiblissement sans doute du au manque de nourriture, enfin de sang…*

Deux heures passèrent, le soleil allait se levait. Je faisais les cent pas dans le salon, quelque peu stressée. Leino n’était pas comme moi, lui ne supportait pas le soleil…

Cinq heures ont passé. Mon dieu, le soleil était debout depuis longtemps !

Deux heures plus tard, la porte s’ouvre enfin. Je me précipite dans l’entrée mais ce n’était pas Leino… c’était une fantôme, mesurant près de deux mètres et habillé en moine. Il me regarda d’un œil vide et tendis la main vers moi. Je me retrouvais projetée contre le mur, le seul endroit où un crucifix en argent était accroché. Je hurlais de douleur et tomba sur le sol.
*C’est quoi ce crucifix en argent ? Il n’était pas là il y a une minute !*
Toute tremblante à cause de la douleur, je me relevai, mais le fantôme était déjà sur moi et il plongea sa main dans ma tête et j’eu l’impression que mon crâne allait se fendre en deux. Cette douleur se propagea dans tout mon corps, et je hurlais comme jamais. Soudain, je vis la pointe d’une épée traverser le fantôme là où aurait dû être son cœur, et l’esprit explosa, dans une expression de douleur. J’étais toute tremblante et la vue de Leino face à moi, les yeux semblables à ceux du diable ne me rassura pas comme elle aurait dû. Il posa son épée au sol, ferma les yeux et quand il les rouvrit, il était redevenu normal. Il s’agenouilla devant moi et me tendis sa main :
« Peux-tu te lever ? »

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MessageSujet: Re: Les Mystères de Manadh   Dim 28 Aoû à 22:19

    † VI. explications †


J’entendis des cloches sonner, quelques cris. J’eux à peine le temps de me lever que Leino m’attrapa par le poignet et se mit à courir vers le fond du manoir. Il descendit dans les sous-sols, et soudain me prit par la taille et me jeta à terre alors que je sentais un souffle glacé passer au dessus de nous. Un peu sonnée, je me redressai tout de même, et je vis trois fantômes. Leino se battait avec eux mais il fut rapidement mis au tapis. Comment pouvait-on se battre contre des mort-vivants sans corps ? Pourtant Leino en avait tué un tout à l’heure… Ces questions résonnaient dans ma tête alors que les trois fantômes fonçaient sur moi. L’un d’eux me traversa et je crus que mon corps allait exploser, la douleur était insupportable.
Leino reprit conscience à l’entente de mon cri et sembla devenir comme fou. Ses yeux étaient tels ceux d’un assassin terrifiant et, saisissant son épée qu’il n’avait pas lâchée, il se remit à se battre, mais il avait l’avantage. Il semblait que les paries du corps des fantômes touchées par l’épée se matérialisaient, et la chair mit à vif. Le vampire ne rencontrait aucune difficulté pour battre ces morts, mais il le faisait avec tant de cruauté…
Une fois ces fantômes anéantis, sans même me regarder, le vainqueur me dit :
« Ca, c’était des Esprits, nos ennemis. Nous nous battons depuis tellement longtemps que nous avons oublié qui des Vampires ou des Esprits a déclaré la guerre, et nous ne connaissons plus le motif. Mais une chose est sure : nous devons les battre. »
Il se tourna vers moi et continua :
« Les Esprits contre qui je me suis battu sont appelés Régénérateur. Ils ont un pouvoir mental qui leur permet de nous tuer sans difficulté. Seul un Vampire Exorciste, leur opposé, peuvent les tuer.
-Alors tu es un exorciste ? demandais-je.
-Oui, depuis longtemps. Sans doute l’un des meilleur de notre race. »
Il prêta l’oreille aux sons alentours et s’exclama :
« Les cloches ont cessées, remontons. »
Je le suivis et, arrivé dans le salon, il me fit asseoir sur le canapé en me donnant un verre de sang. Assis devant moi il me dit :
« Les Esprits, comme les Vampires sont divisés en 3 groupes. Les exorcistes, pour nous, sont les plus forts, puis viennent les espions et enfin les simples soldats. Pour les Esprit, ce sont les régénérateurs les plus forts, suivis des manipulateurs puis des soldats.
-Les espions sont les équivalents des manipulateurs ?
-Oui. Et toi, n’étant pas au courant, tu t’es fait repérer par des manipulateurs pendant une de tes missions, ce qui explique ta difficulté à suivre ta proie. Sans doute effrayés par l’inefficacité du soleil sur toi, les Esprits ont décidés d’envoyer des régénérateurs te tuer. Mais ils ne se sont pas doutés que tu pouvais être avec un exorciste.
- Si je comprends bien, je suis dans la tête de tout esprit, et logiquement nous devrions voir régulièrement des régénérateurs nous attaquer ?
-En gros, c’est ça, oui.
-Et nos soldats peuvent se battre contre les régénérateurs ?
-Non, tout comme les simple esprits ne peuvent surpasser un exorciste. Mais un soldat Vampire peut parfaitement se battre, et gagner, contre un soldat Esprit.
-mais une chose me tracasse. Tu es rentré bien tard après le lever du soleil et tu n’es pas blessé… J’étais inquiète moi !
-En tant qu’exorciste, je peux me guérir très vite, comme les régénérateurs, ce qui fais que le soleil ne m’est pas si redoutable que ça.
-Alors je pourrais aussi être exorciste !
-Non, tu ne peux atteindre ce titre puisque tu es un espion. Mais je peux t’entraîner jusqu’à ce que tu atteignes le niveau sans pour autant être appelé exorciste. Je n’aurais plus à te protéger.
-A t’entendre, on dirait que ça t’embête plus qu’autre chose.
-De quoi ?
-De me protéger ! »
Il se pencha vers moi et m’embrasa avant de rajouter dans un sourire :
« Non, ce qui m’énerve, c’est de voir quelqu’un s’en prendre à toi. Aller, viens, allons en ville, ça te changera les idées. »

Dans Melrado, rien ne laissait croire qu’il y avait eu une attaque. Les Vampires présents rigolaient, les autres étaient assis aux terrasses des bars pour boire du sang, ou dans des magasins. Nous fûmes interrompus par un petit groupe :
« Eh ! Leino ! Alors c’est elle ta petite protégée ? »
Leino ne répondit rien à la provocation, moi je ne faisais que leurs jeter un regard noir. Mais ça n’empêcha pas l’arrogant de continuer :
« Tu serais pas allé te venger, on aurait pas été attaqué, et elle, si elle faisait attention à ce qu’elle faisait, on aurait moins de problèmes.
-Naersan, je te présente Anaro, Hesselen et Gerta, trois exorcistes qui travaillaient avec moi avant, dit enfin mon compagnon d’une voix calme. Mais nous ne faisons plus parti de la même équipe, depuis qu’ils ont refusés une mission important que j’ai très bien exécutée seul…
-Enchantée, m’exclamai-je. Mais je ne sers pas la mais de lâches tels que vous, désolée... »
J’étais sans doute allée trop loin. Hesselen voulut me frapper, mais je parai le coup et l’envoyai au sol, quelques mètres plus loin. Gerta fut le second à m’attaquer. Il m’obligea à dégainer mais il le regretta bien vite : il fut clouer sur le mur par une dague accroché à ma cheville. Anaro, lui, était sans doute le meilleur des trois. Ses coups étaient rapides et efficaces. Il me blessa d’ailleurs à l’épaule gauche… il n’était guère imprévisible de me voir lui couper son bras gauche… Hesselen, qui n’avait pas été blessé par mon épée se releva et revint à l’attaque. Son regard ne me plaisait pas : un regard arrogant et sûre de lui. Depuis mon coup de point, je le savais le plus faible, il n’eut donc pas l’honneur de goûter à ma lame, mais un seul coup du pommeau suffit pour l’assommer une seconde fois. Comment un tel crétin pouvait être Exorciste ? Mais pour être sûr de ne pas le voir se relever, j’enfonçai mon épée dans son ventre. Il restait donc Anaro, encore capable de me porter un coup de son unique bras droit. Mais en voyant mon regard, il préféra abandonner le combat. Il faut dire que dès que mon épée tranchait de la chaire, mon visage devenait encore plus sombre et faisait fuir tout ennemi raisonnable…
Je me tournai vers mon ami et m’exclamai :
« Je n’ai aucun problème à battre des Vampires, alors je devrai y arriver facilement sur des Esprits… »
Leino éclata de rire, un peu surpris par mon audace et ma facilité à battre seule trois exorcistes…

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MessageSujet: Re: Les Mystères de Manadh   Sam 8 Oct à 23:50

    † VII. La punition†

« Allez, relèves-toi !
-Je suis épuisée…
-Je m’en doute, mais si tu souhaites progresser, il faut que tu te lèves ! »
Soupirant, je ramassai mon épée et me relevai non sans difficultés. Trois semaines s’étaient écoulées depuis que j’avais battu Hesselen, Gerta et Anaro. Deux semaines que Leino m’apprenait à me battre comme un exorciste, et je progressais lentement. Etait-ce une coïncidence ou non, en tous cas, aucune mission ne m’avait été confiée depuis l’attaque des Esprits. Une pensée me traversa la tête, qui m’empêcha de me concentrer suffisamment et permit ainsi à Leino de me battre encore une fois.
« Eh, Naersan, qu’est-ce qu’il se passe ?
-Tu crois que notre roi regrette sa décision ?
-Quelle décision ?
-Celle de m’avoir nommé espion.
-Non. Il sait qu’il a fait un bon choix, j’en suis certain, me rassura-t-il.
-Mais à cause de moi la menace des esprits est encore plus forte.
-Ecoutes, si vraiment le roi regrettait, il te l’aurait vite fais savoir, ce qui n’est pas le cas. Maintenant, si tu t’inquiètes à propos de l’absence des missions, c’est uniquement de ma faute.
-Comment ça ?
-j’ai demandé à notre seigneur de te laisser tranquille pour me permettre de t’entraîner. Elles reprendront dans une semaine. ».
Je sourie à cette nouvelle qui me soulagea. Ce n’est pas que j’aimais vraiment mon travail, mais j’y tenais simplement. Grâce à lui, je n’avais pas l’impression d’être inutile pour la citée, bien que je ne sois plus admirée comme au moment de ma « naissance »…

« Eclate ce vase à l’aide de ta force mentale. »
La fin de la semaine approchait et mes progrès étaient largement visibles. D’après Leino, seul l’expérience pouvait encore m’apprendre quelque chose. Alors il m’apprenait à me battre avec mon mental, qualité nécessaire à tout exorciste. J’arrivais déjà à détruire plusieurs petits objets, mais ce n’était pas comparable à un Esprit, dont l’anatomie est dix fois plus compliquée.

Comme prévu, les missions reprirent, stoppant l’entraînement. A cause des attaques des Esprits, nous étions maintenant organisé en groupe de quatre : un exorciste, un espion et deux soldats. Je m’entendais mal avec mes compagnons, et pour cause : Anaro était l’exorciste et les soldats, deux lâches au courage manquant. Mais je n’avais pas d’autre choix que de les supporter car pour moi, j’étais responsable du nouveau mouvement des Esprits, je ne devais donc pas me faire remarquer. Heureusement que Leino était là, à m’attendre dès que je rentrais. Il travaillait dur lui aussi, mais ne me montrait pas sa fatigue. Nous sortions souvent en ville, et chaque fois Leino riait de la méfiance dont nous faisions l’objet, sans même s’énerver. Après tout, le meilleur exorciste de Melrado et une espionne capable de battre seule 3 exorcistes, quel beau couple ! Au départ on nous évitait, puis les vampires ont fini par s’habituer, mais je trouvais ça étrange. Leino était beaucoup plus vieux que moi, et on réagissait avec lui comme avec un nouveau-né. Pourquoi ? Pourquoi un exorciste âgé d’au moins 5 siècle était-il traité comme un vampire de bas étage ? Je pouvais poser la question des millions de fois, avec toujours des tournures différentes, jamais il ne me répondait. Sois il changeait de sujet, sois il se taisait pendant tout la nuit, à mon plus grand énervement.


Un mois s’était écoulé et un raid avait été organisé chez les Esprits. En tant qu’Espion, je devais signaler le bon moment d’attaque à Anaro et ses sbires, comme je les appelais. Mais je n’étais pas d’humeur à travailler ce jour là. Leino avait été énervé toute la nuit et ne m’avait pas non plus adressé la parole le matin. Arrivé sur le terrain, j’étais seule. Le reste du groupe attendait à l’écart de la ville que je vienne les prévenir pour attaquer. A la vue de tout ces Esprits, je portais ma main à la garde de mon épée, tremblante. Je n’avais pas peur, mais j’étais simplement excitée. Je remplis un double rôle ce jour-là car j’ai bien prévenu d’un exorciste de l’attaque, mais ce combattant n’était autre que moi. Ils étaient au nombre de dix, de simples soldats, ils résistèrent juste le temps pour qu’Anaro sente mon audace…

Anaro était furieux. Il m’attrapa de son unique bras par le col et m’emmena de force face à notre seigneur, dans le château de Dirnaith, la base militaire. La salle était plutôt grande, carrée, très sombre car sans fenêtre. Les murs étaient couverts d’armes blanches de toutes sortes et au milieu de la pièce avait été placé un grand bureau, en face duquel un grand canapé de cuir noir avait été prévu pour l’accueil des visiteurs. Kiriena, le roi, nous attendait déjà. Dès que nous fûmes entrés dans le bureau, il m’autorisa à m’asseoir et renvoya Anaro. Kiriena était un vampire charismatique, grand brun aux yeux rouges, habillé de vêtement en cuir noirs moulant et d’un long manteau vermeil. Il attendit quelques minutes avant de me parler et se décida enfin :
« Ton geste est fort impressionnant… Battre seule dix Esprits, bravo !
-Merci, Seigneur, mais c’est entièrement grâce…
-A Leino, me coupa-t-il, je sais. Il a été un bon maître, ça ne m’étonne pas de lui. Cependant, je ne peux rester indifférent à ton égoïsme.
-Je…
-Non ! Ne parle pas ! Je sais déjà quel va être ta punition et tu ne va vraiment pas l’apprécier, crois-moi. »
Il m’avait paru sympathique, mais je m’étais sans doute trompée. Kiriena était un roi sévère, juste mais implacable. Je m’attendais à quelque chose comme une interdiction de me battre, ou être suspendue de mon poste d’espion, ce qui me poussa à lui demander :
« Je ne pourrais pas contrer la sentence, mais je vous en prie, laissez-moi mon épée…
-Oh oui ! Pour cela ne t’inquiète pas, tu va te battre ! Ta punition réside en l’interdiction formelle de revoir Leino, pour une durée indéterminée. »
J’étais abasourdie. Ne plus voir Leino ? C’était impossible ! Il ne pouvait pas me faire ça ! Leino était tout ce que j’avais sur l’île, tout ce que j’aimais ! Mes protestations n’eurent aucun effet, Kiriena ne voulait plus rien entendre. Il m’envoya voir le chef militaire dans les sous-sols du château, et je n’eus d’autre choix que d’obéir. Le chef militaire était une femme sombre du nom d’Era. Puissante exorciste, elle était du genre à mépriser les plus faibles, mais était adorable avec les plus forts. Aussi m’accueillit-elle très aimablement, me jugeant comme quelqu’un de fort. Elle se heurta à un haut mur de glace qu’elle ne put rompre.
La salle d’entraînement était très grande et nous permettait de nous battre contre de vraies proies, allant des rongeurs jusqu’à des humains prisonniers. Era me donna une autre épée que la mienne et me mit à l’épreuve sur une biche des plus agiles. Malheureusement pour l’animal, il m’en fallait plus. J’eus très peu de mal à vaincre les humains complètement épuisés par le manque de nourriture et l’emprisonnement, alors le chef militaire se choisit elle-même comme adversaire. J’épuisai toute ma colère contre elle qui était beaucoup plus forte que moi. Tout comme Leino, elle parvenait à me mettre à terre avec une facilitée déconcertante. Et je me relevai encore plus énervée. Au début, plus je me mettais en colère contre cette femme, plus j’étais efficace. Mais passé un certain stade, mes coups ne valaient plus rien. Au bout d’un long moment de combat acharné, Era s’arrêta et dit :
« C’est assez pour aujourd’hui. Une chambre t’attend dans l’annexe du château, un soldat va t’y conduire. Et puis, la prochaine fois, cesse de penser. »
Tout pendant que le soldat me montrait le chemin, je songeais à la dernière phrase d’Era : « Cesse de penser ». Que voulait-elle dire par là ? Je n’y comprenais pas grand-chose. Mais la raison de ma venue à Dirnaith me revint dès que je fus seule dans ma chambre, trop simple et inconfortable. On m’avait punie et c’était ici mon chez-moi que je me mettais à Haïr. Je ne citerais pas les injures que j’ai prononcé contre Kiriena tant elles sont nombreuses et trop peu belles. On m’apporta du sang que je ne bus pas et passa le reste de la soirée à pleurer la planche de bois censée être un lit.
Une semaine passa, pas même une nouvelle de Leino me fut apporté, il me manquait beaucoup trop. Je m’entraînais contre de simple soldat maintenant, mais le dernier n’était pas assez puissant et je le décapitai sans trop le vouloir. A la suite de cet accident, je fus enfermé dans ma chambre jusqu’à ce que Kiriena vienne me voir.
« Jamais plus… »
Tels ont été ses mots pour m’annoncer que je ne pourrais plus jamais revoir mon amour, j’étais encore punie. La trop grande tristesse qui compressait mon cœur me poussa à prendre une dague et à me la planter dans le ventre : j’étais encore trop faible d’esprit…

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MessageSujet: Re: Les Mystères de Manadh   Sam 8 Oct à 23:50

    † VIII. L’exorciste †


J’entendis frapper, un son faible, comme étouffé par du coton. Je n’avais pas répondu et pourtant la porte s’ouvrit, je l’entendis. On resta à peine une minute près de moi, on pris ma tension, puis la porte se referma. Je sentais à présent la perfusion dans mon bras gauche, le bandage sur mon ventre et ma poitrine. Mais pire que tout je me rappelai de ma punition... Mes réactions furent vives. J’arrachai la perfusion de mon bras, sautai de mon lit et courai vers la porte, mais celle-ci s’ouvrit à la volée et un coup violent me projeta contre le mur.
C’était Kiriena qui m’avait frappé. D’ailleurs il ne se contenta pas d’un coup. Je n’avais jamais autant souffert. Encore les entraînement de Leino étaient dur, l’épée pénétrant mes chairs, la dague sectionnant les veines… Tout cela représentait des douleurs insoutenables, mais se faire rouer de coups par un homme tel que Kiriena…
Tout cessa. Je gisais à terre, ma tête roula sur mon épaule, mes cheveux humides de sueur encadraient sauvagement mon visage ensanglanté, meurtri. Je n’eus pas droit à quelconques explications, personne ne vint m’aider à me relever, personne ne vint m’apporter les soins dont j’avais besoin. A présent, sans Leino, j’étais totalement seule.
Finalement, quelqu’un est venu m’apporter un peu de sang, pour que je puisse reprendre des forces et immédiatement après, on m’emmena dans la salle d’entraînement, pour que je recommence à me battre. L’épée spéciale qu’on me donna avait le pommeau fait d’argent, je devais donc la manier sans que le bout de la poignée ne me touche si je ne voulais pas me brûler. Ce n’était pourtant pas ce que l’on attendait de moi. Ils voulaient que je tienne mon arme normalement, sans craindre la brûlure. Alors on saisi une épée faite uniquement d’argent et on me l’accrocha autour de la taille, de telle manière qu’elle touche constamment ma cuisse. La pointe lacérait mon genou, la lame réduisait ma peau en cendre, et pourtant je devais me battre.
J’étais constamment surveillée, inutile donc de chercher à s’enfuir. Tous les jours, la torture reprenait. Parfois je me retrouvais attachée sur une table et on me lacéré un bras, une jambe, mais les cicatrices étaient plus fortes sur le ventre. Sois on laissait les plais s’infecter, sois on les plongeait dans de l’alcool à quatre-vingt-dix degrés, pour que je résiste à la douleur. L’épée d’argent collé à la jambe était maintenant devenu exercice courant, et j’y été habitué. Je cachai ma douleur sans y penser, je ne songeais qu’au fil de ma lame, pas à mon mal. Les cicatrices parcourant mon corps me dégoûtait, mais je n’y pensais pas non plus, mes cheveux sales étaient attachés en une simple queue de cheval, mes mains rouges de sang, mon visage d’une pâleur affolante, mes joues creuses… Moi qui aimait prendre soin de mon apparence, si maintenant seulement j’y pensais, je ferais sans doute une crise de nerfs. C’est d’ailleurs ce qui arriva…
Après un combat contre quelqu’un pourtant plus faible que moi où j’avais perdu, mes nerfs lâchèrent enfin. La douleur m’affaiblissait de trop, je ne pouvais me battre dans cet état. J’avais besoin d’une douche, d’un sang autre que celui de simples rats, de repos. J’arrachai alors la lame fixée à ma jambe, décapitait ce pauvre imbécile trop fière de m’avoir battu et me mit à tuer tout ce qui avait le malheur de bouger parmi les esclaves retenu exprès pour l’entraînement, et qui me ressemblait un peu. Sauf qu’eux avaient le droit de mourir, moi, j’étais déjà morte. Seulement je ne pouvais me laisser aller ainsi, on m’enferma alors dans ma chambre, sans que je ne puisse manger.
Lorsque je ressortis, treize jours après, ce fut pour reprendre l’entraînement, qui n’avait pas de sens à mes yeux, alors que je n’avais toujours rien mangé. D’autres vampires étaient arrivés, en parfaite santé, plein de leur fierté de ne pas être torturé, de ne pas subir la colère de Kiriena. Ils eurent vent de ma crise de nerfs, et la trouvèrent révoltante. Ils me jugèrent sans me connaître, sans savoir par quoi je passais depuis tant de semaines, sans connaître ma douleur, ma tristesse, ma honte. Un d’entre eux vint me voir, alors que je rentrais dans cette humide pièce servant plus de prison que de chambre. La journée avait été vraiment éprouvante, presque plus que d’ordinaire. Il me plaqua contre le mur du couloir, giflant mon visage sale, affamé et fatigué en guise de salutation.
« Te crois-tu suffisamment forte pour t’autoriser à tuer ainsi ? Regarde toi ! Tonna-t-il. Même malgré ta fatigue, ton manque de nourriture, le fait que tu n’ai pas pris de douche depuis une éternité… même malgré ça tu est toujours belle… »
Ses paroles n’avaient aucun sens pour moi, et alors que ses lèvres frôlèrent les miennes, je me dégageai et lui donnai un violent coup de poing sur son visage. Il fut sonné quelques secondes, mais mon geste l’énerva au plus haut point…
Après tant de semaine de torture, je pensais que j’étais quitte de ma punition d’avoir osé tuer seule des Esprits. Je pensais que toutes ces brûlures, ces cicatrices étaient bien suffisantes, j’avais compris. J’étais toujours trop fatiguée pour me défendre, s’en prendre à moi dans cet état était plus lâche qu’autre chose. Mes cris de secours n’avaient jamais entendu, alors que ce soir là j’en avais besoin plus qu’à un autre moment. Eux qui étaient en bonne santé, qui ne subissait pas mon calvaire… Ils devaient être sacrément en manque pour venir me violer dans ce couloir vide de toute vie, pour venir s’amuser sur « l »’espionne qui avait osée s’attaquer seule à des esprits et que pour cela été torturé depuis maintenant presque un mois. Que n’aurais-je donné pour inverser les rôles, et le voir aussi misérable que moi je pouvais l’être !

Deux semaines de plus sans nourriture…
Ma haine augmentait en même temps que la torture devenait plus cruelle encore. Ma main était noire des brûlures acquises alors qu’on me mettait des braises sur la peau pour toute la durée d’un combat. Parfois même, c’était avec une corde trop serrée autour du cou que je maniais mon épée à la poignée d’argent sans sentir cette douleur aigue.
Brûlure, coupure, étranglement, viol, infériorité, humiliation… Ce n’était pas forcément le pire, mais je fini par être blasé de tout cela. Je ne criais plus de douleur, je ne pleurais plus de honte ou de tristesse. Je ne parlais même pas. Ma voix sortait que pour pousser des cris de rage dans un combat, pour libérer ma force. Je ne me plaignais plus, je ne pensais pas, en somme.

Finalement, la torture dura trois mois. Je me demandais comment j’ai pu passer autant de temps sans soins, sans pouvoir me laver, manger, dormir convenablement. Pourtant je l’ai fait, et, de surcroît, j’ai acquis de la fierté à cela. Ceux qui s’amusait à me regardait de haut quelques semaines auparavant, je ne les voyais plus que comme de vulgaire insectes, eux qui n’ont pas eu à survivre dans l’enfer où j’étais plongée. Il n’y avait plus aucun risque que je tente de me suicider, cela aurait été pour moi un signe de faiblesse, toujours prendre soin de demander une revanche si jamais je n’ai ni le dessus ni la mort sur mon adversaire m’était aussi devenu fondamental.
Era m’autorisa alors à manger un peu, puis j’avais droit à un repas régulier, pour reprendre mes forces. Enfin je pu prendre à une douche. Bientôt même j’eus un matelas. Je commençais enfin à ressembler à quelque chose, bien que mon visage a gardé sa pâleur presque inimaginable et mes joues fussent toujours si creuses.
La chef militaire se présenta un matin a moi, et me donna enfin mon épée. Le combat qui s’ensuivis m’étonna moi-même. Au bout de quelques minutes, sa lame était sur mon cou, mais la mienne se trouvait également sur le sien… égalité.
Nous recommençâmes. La finesse était maîtresse, la souplesse fidèle compagnons, la hargne qualité essentielle. Après une heure de combat divisé en petites parties où nous finissions à égalité, je finis par la mettre enfin à terre, et c’est avec le sourire qu’Era accueillis ce qui aurait été considéré comme un affront en temps normal.
« Tu es devenue douée, c’est très bien ! Pour te féliciter, je vais te donner une chambre dans le château, finit l’annexe pour toi ! »
Alors elle m’y accompagna. Ma chambre était située au premier étage du château, et je pouvais admirer le grand escalier qui menait au bureau de Kiriena à chaque fois que j’allais dormir ou me levait pour m’entraîner, même si cela n’avait toujours aucun sens à mes yeux.

Quatre mois. Je sortait sur le pallié et fut arrêtée de stupeur. Six hommes montaient l’escalier parallèle à celui que j’allais emprunter. Et au milieu…
« LEINO !!! »
Hurlai-je de la pleine puissance de mes cordes vocales. Celui que j’aimais tant se tourna vers moi, me regarda avec des yeux sans expressions, sans sentiments. Puis il se retourna et continua à monter les escaliers. J’étais sidérée, incapable de comprendre. M’avait-il oublié ? Ou bien mon changement était-il si impressionnant qu’il ne m’avait pas reconnu ?

*Un assassin. Un assassin froid et sanguinaire…*
Voilà la seule chose dont je puis me rappeler à propos de son regard si douloureux, si vide de l’amour qui y brillait avant. Avec énormément de difficulté, je me rendis tout de même à la salle d’entraînement, où Era m’annonça que je devais me rendre dans le bureau du roi.
Je fis donc demi tour et monta les grands escaliers qui ne me paraissaient plus beau du tout. Le château était toujours vide, personne pour m’ouvrir la porte… seul moi et mon courage. Je frappai, et entrai sous l’ordre du vampire. Je ne pus avancer à la vue de Leino assis dans un fauteuil de cuir, face à moi. Pourtant, derrière lui, Kiriena m’incita à entrer. Les deux portes se fermèrent toutes seules derrière moi. J’avais peur et j’ignorais pourquoi. Le vampire qui se tenait devant moi n’était pas l’homme que j’avais aimé. C’était…
« Un assassin. »
Je relevai brusquement la tête au son d’une voix que je ne connaissais plus.
« C’est ce que je suis. Mon véritable prénom est Pierre. Leinoran, ou Leino, n’est que celui du vampire qui ‘ma engendré et que j’ai tué. »
Je ne comprenais pas. Que racontait-il ? Je regardai Kiriena qui souriait de plaisir face à mon expression déconfite.
« Je me suis affaibli, continua-t-il, au contact de deux femmes que j’ai aimé. Helena, ma meilleure amie, et toi. Toi que j’ai arraché à ta terre dès tes treize ans car je m’était épris de ton image future. Toi que j’ai élevé comme ma fille sachant que je te voulais plus que tout. Toi que j’assombris en tuant Helena et camouflant ce meurtre par une maladie. Toi que j’ai initiée au combat…
-Arrête…
-J’ai modelée ts pensées afin que tu aille te jeter parmi ces Esprit…
-Stop…
-Les tortures que tu as endurées n’étaient pas pour te punir mais pour te forger un caractère et un sabre d’acier.
Ma voix augmenta d’un ton :
-Arrête !
-C’est moi qui ai organisé l’enfer où tu étais. Les brûlures, les viols, les mutilations, tout était prévu par moi. Et seulement pour un seul but.
-TAIS TOI !!! »
Mon cri fut l’équivalent d’une énorme gifle pour le vampire. Il sourit légèrement et une larme perla sur sa joue alors que moi, c’était des torrents que mes yeux versaient.
« Un exorciste doit être seul Naersan. Pas d’amant, pas d’ami, que soi et sa mentalité d’acier. Un vampire ne devient exorciste qu’après avoir vécu en Enfer. Il laisse la haine envahir son corps, il ne sent plus la douleur, la souffrance est habitude… c’est ce que tu es devenu ma puce… »
La double porte failli exploser tant je l’ai claqué avec force, pour m’échapper de tout cela…

_________________
~¤Oslo tu es triste Lorsque ton miroir se brise
Le silence traite ultime Innonde tes forêts De sons intimes
Verdoyante Demeure ta nature
Où nous pouvons marcher En admirant tes sépultures
Admirable écrin préservé Cache-toi de l'inhumanité¤~
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